Les Français formés par les entrepreneurs de la Silicon Valley

Quatre mois pour mettre une start-up sur les rails : tel est l'objectif du Founder Institute, une école de formation pour entrepreneurs dans les hautes technologies, fondée en Californie. Ce stage intensif, qui se tiendra de mars à juin 2010, propose en 12 sessions du soir une sorte de « parcours du créateur d'entreprise ». « Il ne s'agit pas de refaire des cours de marketing, de compatibilité et de droit pour les entreprises, explique Alain Baritault, l'un des deux formateurs, installé depuis plus de vingt ans dans la Silicon Valley. La formation est délivrée par des “ Mentors ”, des entrepreneurs expérimentés qui ont déjà réussi leur parcours en France et aux Etats-Unis. » L'originalité de cette formation est donc de laisser la part belle aux retours d'expérience. Lors de chaque session, centrée sur un thème critique de la création d'entreprise, trois entrepreneurs viendront témoigner. Les candidats apprendront concrètement à lancer leur société high-tech : du choix du projet jusqu'à la manière de négocier avec les investisseurs, en passant par l'embauche des personnes indispensables, les questions de propriété intellectuelle ou la recherche de partenaires. Ils seront aussi placés sur le devant de la scène pour convaincre les intervenants et leurs pairs. Développer son réseau Autre particularité, le Founder Institute promet de ne pas lâcher ses élèves dans la nature après le stage et de les accompagner, notamment en leur faisant bénéficier d'un réseau d'anciens entrepreneurs et d'investisseurs. Baptisé thefunded, ce réseau a été créé par Adeo Ressi, le fondateur du Founder Institute. « Il s'agit d'une référence très connue dans le milieu des investisseurs, assure Alain Baritaut. Après, c'est à eux d'exploiter judicieusement ce réseau. Nous restons à leur disposition pour les assister et les informer, mais ils doivent se prendre en main. » D'ailleurs, le Networking tel qu'on le pratique dans la Silicon Valley est au programme de la formation. Les participants commencent déjà à doper leur carnet d'adresses. Les candidats (une cinquantaine seront sélectionnés sur entretien) peuvent s'inscrire jusqu'au 15 février 2010. Il leur en coûtera 600 euros. En Europe, Paris a ouvert le bal, mais le programme fonctionne déjà à Singapour en Asie et dans cinq villes américaines (San Francisco, San Diego, Seattle, Washington, et New York). Il sera également délivré à Los Angeles et à Denver. « Nous sommes complémentaires à d'autres formations » 01netPro : Existe-t-il d'autres formations de ce type sur le marché ? Alain Baritault : Celle qui se rapprocherait le plus serait peut-être le Seedcamp, mais notre démarche est différente. Il ne s'agit pas d'un concours de start-up. Notre objectif ne consiste pas à sélectionner « la meilleure start up » et à attribuer des prix. Tous les stagiaires du Founder Institute sont aidés, chacun à leur rythme et selon leurs besoins. Nous sommes aussi plutôt complémentaires de beaucoup d'organismes ou de consultants qui aident les start up. Nombre d'entre eux ont tendance à prendre la main sur l'entrepreneur, en lui imposant une recette qu'ils ont déjà appliquée. Comment se déroule la formation ? Tout au long du cycle de formation, un grand nombre de « Mentors » offrent un large panel d'expériences différentes, ce qui permet à l'entrepreneur en création de disposer d'une grande diversité de solutions possibles aux problèmes qu'il doit résoudre. L'entrepreneur garde en permanence la maîtrise de ses décisions et de ses choix, au fur et à mesure qu'il progresse dans son projet. Il avance aussi avec les autres entrepreneurs du groupe qui sont confrontés à des obstacles identiques pour des projets différents. C'est donc également un travail en équipe, même si chacun suit son propre projet. Pourquoi vous spécialiser dans le high-tech ? Parce que c'est un créneau large et ouvert. Aujourd'hui, il n'y a plus un seul secteur de l'économie où les hautes technologies ne jouent pas un rôle important. Internet est l'électricité du XXIe siècle.